Backstage – Hockey sur glace au Leica Q

Le samedi 7 Janvier 2017 j’ai eu l’occasion d’être accrédité comme photographe pour une rencontre à la patinoire du Petit Port de Nantes entre Les Aigles de la Roche sur Yon et Les Corsaires de Nantes, ces derniers jouant à domicile.

 

La salle.

 

Pour le coup, le défi a été pour moi double :

  • Photographier entièrement au Leica Q dans des conditions difficile (éclairage, vitesse des joueurs, froid important…)
  • Photographier et voir pour la première fois un match de hockey sur glace

L’expérience fût très enrichissante et je vous propose donc au travers de ce billet de revenir sur le positif et le négatif de cette rencontre capturée au Leica Q Type 116 dont je parle longuement dans un article qui lui est consacré ici : Retour sur le Leica Q.

 

Le choix d’un Leica Q est-il pertinent ?

 

Excellente question. Tout d’abord, sachez qu’elle n’a aucune réponse. La pertinence ne dépends que de ce qu’on fait et de l’objectif que l’on souhaite atteindre. Si je viens avec un appareil de ce modèle qui, je le rappel, est équipé d’un 28mm et ce dans l’idée d’avoir des gros plans des joueurs à l’autre bout de la patinoire alors non, ce n’est clairement pas pertinent. En revanche, si vous voulez capturer des détails et l’ambiance de la salle, alors c’est un choix tout à fait judicieux.

Aimant capturer le détail qui ne retiens pas l’attention au premier coup d’oeil ou qui ne se voit pas au travers d’un 70-200 f/2.8 (qui lui en revanche est tout à fait adapté aux photos du terrain), j’ai pris un réel plaisir à photographier les vestiaires, le public, et à me faufiler au travers de la foule en toute discrétion.

 

Les photos des joueurs ?

 

Le gardien des Aigles de la Roche sur Yon protège sa cage des Corsaires de Nantes.

 

Comme je le disais précédemment, photographier le terrain avec un 28mm f/1.7 n’est pas forcément adapté, mais ça n’est pas impossible pour autant. Si vous n’avez jamais été dans ce genre d’endroit, sachez que de hautes et épaisses plaques de plexiglas entourent le terrain afin d’éviter aux joueurs de passer par dessus les barrières, de cogner les visiteurs accidentellement, ou d’avoir un palais qui se fait la malle. Un filet est ensuite dressé au dessus afin de retenir les éventuels palais volant.

Là où on gagne en sécurité, on le perds en revanche en praticité. Les photographes officiels encore peuvent aller derrière le banc des joueurs et ainsi ne pas être dérangé par ça, mais pour les autres personnes c’est plus compliqué. Au départ, je voulais photographier un peu l’ambiance du public lors du marquage d’un point ou d’une bonne action, je suis donc resté côté tribune au bord de la glace, prêt à me retourner en cas de besoin.

 

Des supporters vendéens agitants un drapeau.

La mascotte de Nantes pose avec 3 spectateurs.

Un joueur de Nantes pénalisé.

 

Alors certes, ça m’a permis d’obtenir des images intéressantes, tous les autres photographes ayant de longues focales j’étais le seul à faire ce genre de chose et c’est de toute façon toujours comme ça que je me suis démarqué, du Hellfest aux émeutes de Nantes.

 

 

Le problème avec une telle épaisseur de plexi c’est que si celui-ci présente des traces de frottements, de coups, des rayures ou autres, il peut encore plus pénaliser l’autofocus d’un appareil photo qui va patiner (sans mauvais jeux de mots avec le sport) et c’est pour cette raison que le X-Pro 2 que j’avais pris avec ma plus longue focale, soit le 60mm macro f/2.4 qui a pourtant fait des merveilles sur les scènes principales du Hellfest en plein concert n’a pas été capable de quoi que se soit et je n’ai pas la moindre image nette de l’arrivée des joueurs en face à cause de ça !

Alors bien entendu, vous pourrez toujours dire « dans ce cas là tu aurais pu te mettre en manuel », mais je tiens à rappeler plusieurs points : l’entrée des joueurs se fait dans le noir avec juste des lasers et des fumigènes au travers d’une grande « porte » gonflable. De plus, les gars patinent relativement vite pour ne pas obstruer l’entrée et ainsi laisser l’équipe arrivée et enfin, j’étais à travers du plexi, le tout avec une focale fixe. Il y a mieux comme conditions.

Je suis toutefois satisfait des photos sur glace prises au Leica. Je manque encore d’anticipation et de pratique mais c’est comme tout, ça se travail ! Si vous aviez pu voir mes premières photos de manif, de concert ou de festival comparé à ce que je fais aujourd’hui…

 

Les détails du match ?

 

Le backstage

 

A défaut de pouvoir donc photographier en gros plan les joueurs sur la patinoire, je suis allez de l’autre côté après avoir suffisamment de photos d’ambiance à mon goût. Là encore, le manque d’expérience a été très pénalisant car ne connaissant pas du tout les règles je n’arrivais pas à anticiper les mouvements et les entrées/sorties des joueurs sur le terrain. De plus l’espace était relativement confiné et j’avais tout le temps peur de gêner si un joueur passait rapidement par là. Comme on le voir sur la photo ci-dessus, il y avait des crosses le long du mur, des gourdes par terre, un banc sur roulette qui bougeait sans arrêt, et pas mal d’animations autour de tout ça. Esquiver le tout avec un oeil dans le viseur et un sol humide à cause de l’eau des gourdes n’a rien d’évident, croyez moi. Ci-dessous, avant de passer à de nouvelles photos, une très courte vidéo tournée à l’iPhone (6s Plus) afin de montrer un peu l’ambiance.

 

 

Un joueur des Corsaires buvant de l’eau.

Un joueur des Aigles en pleine concentration.

L’entraineur des aigles en pleine explication.

Après le match, un joueur des Aigles retire son équipement.

Vu depuis le couloir menant au vestiaire.

Les vestiaires.

Les vestiaires.

Après le match, l’entraineur apporte une bouteille aux Aigles victorieux dans les vestiaires.

 

En bref, que retenir ?

 

Globalement le Leica a été un très bon compagnon tout au long de la rencontre. J’ai un peu été désagréablement surpris quand j’ai vu que le buffer saturait complètement sur les rafales que je prenais quand un joueur passait près de moi. Je passais mon temps par moment quand je prenais les photos du match à regarder le point rouge clignoté indiquant qu’il traitait et enregistrait encore les photos… Le problème ne vient pourtant pas de ma carte qui est une Lexar Pro 1000x SDXC 3 II class 10 de 64 Gb à 150 mb/s.

J’avais également parfois du mal à appréhender l’AF à cause des différences super importante de contraste et d’éclairage entre le terrain très blanc et le reste très sombre. Mais je pense que ce problème sera réglé dès le prochain match que je photographierais. Au total, j’ai pris 584 photos entre 16h30 et 20h15 pour n’en garder que 73. Mais dans les 584 il y avait énormément de doublons des rafales lors du passage des joueurs. Au total, ça me donne un ratio de 1 sur 8 qui pourrait descendre à 1 sur 4 à la prochaine rencontre.

En bref, si vous êtes comme moi et que vous avez le même style de photo et le même oeil que moi, alors ne croyez pas les commentaires sur les forums disant que le Q n’est pas adapté à la photo sportive. Non. Il y a sport et sport. Il y a le terrain et le reste AUTOUR du terrain. Trop souvent vous verrez des photos « fades » de joueurs sur la glace, sur une pelouse ou autre, mais rarement des photos de backstage qui sont importantes pour imager, communiquer, raconter une histoire.

Toutefois, il est bien évident qu’il ne faut pas prendre QUE ça, sauf si vous travailler avec un autre gars qui lui est concentré sur les photos du match afin de pouvoir avoir les deux côtés de l’histoire à raconter afin d’être plus pertinent, mais pour moi, un match c’est 70% de visiteurs, préparation, backstage, détails des joueurs et 30% du terrain. Pourquoi donc ? Car les visiteurs auront vu le match, pas les détails autour. Parce que tout le monde filme et photographie le terrain, et pas le reste. Parce qui est humain et qui raconte une histoire, c’est ce qu’il y a autour. Je n’affirme pas, je n’impose rien, j’expose une vision personnelle de la photographie et de ma façon de faire.

Mon seul grand regret est de ne pas avoir eu de gants et un manteau plus chaud, parce que dediou, il faisait SU-PER froid.

 

Pour voir l’intégralité de ma série, c’est sur cette page consacrée au match.

 

Au travers d’un banc.

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